Swiss Yerba | Le mot de…
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Le mot de…

Le Swiss Yerba Buena

par Beat Clerc

Bonsoir et bienvenue à tous nos fans, amis, musiciens, famille et au public présents lors de cette dernière étape du Swiss Yerba etc.

Aujourd’hui, le défi que nous nous étions fixé est atteint : les 1700 places du Théâtre de Beaulieu sont presque toutes occupées.

Nous nous sommes vraiment posé la question de savoir s’il n’était pas trop prétentieux de louer ce théâtre. Et bien vous nous prouvez ce soir que nous ne l’étions pas. Je pense sincèrement que cet orchestre mérite une salle aussi prestigieuse pour terminer sa carrière en beauté.

Ce soir, vous allez assister à une soirée vraiment unique qui réunira les meilleurs moments vécus lors de notre carrière et parsemés de moments d’émotion, de joie, de rire, de fou-rire, d’inquiétude, de colère, de rage, mais nous nous en sommes toujours sortis unis et amis. Nous nous sommes toujours remis de ces embûches et avons continué à travailler inlassablement à peaufiner et renouveler notre répertoire.

C’est ce qui a fait la force de cet ensemble. Une équipe de copains, passionnés par la même musique et n’ayant qu’un seul but, tenter d’arriver à la perfection en retrouvant les couleurs et le swing des années 1920 et 30.

Le résultat obtenu est vraiment fantastique pour les simples amateurs que nous sommes. Les compliments des critiques européens et des spécialistes de cette musique ont prouvé que nous étions dans le juste et que notre travail était apprécié et récompensé.

Certains ont dit « mais alors pourquoi arrêter une si belle formation qui pourrait encore donner tant de joie à son public ? » c’est une question que nous nous sommes posée bien des fois. En tant que responsable de cette formation, je pense qu’il est mieux d’arrêter lorsqu’on est en haut des marches. Il est temps maintenant de consacrer son temps à sa famille et surtout à soi-même. Nous le méritons bien.

Par le biais des vidéos, des CD, des photos et des souvenirs, il restera ces moments magiques que nous avons vécus ensemble, avec vous et grâce à vous tous.

Je remercie mes amis musiciens, danseurs, chanteurs qui ont accepté de participer à cette soirée, au sacrifice d’un très long trajet pour certains d’entre eux. Je remercie nos sponsors et invités et surtout, je vous remercie vous, public si précieux sans qui, bien évidemment, rien n’aurait été possible.

Je vous remercie de votre présence et vous souhaite d’ores et déjà une excellente soirée qui restera longtemps gravée dans nos mémoires j’en suis certain.

Ça y est, ça commence, je suis déjà ému, aie aie aie, que les semaines qui arrivent vont être difficile à vivre. Je sens que je vais avoir besoin d’un soutien psychologique !

Beat CLERC

Pour faire le portrait d’un orchestre de jazz

Par Jean Chollet

Peindre d’abord un passionné,
Un malade, un toqué, un piqué de vieux jazz
Un musicien qui n’aime que cette musique
Et qui laissera le public « béat » d’admiration.

Peindre ensuite quelques instruments
Quelques vents
Un banjo, une guitare, un piano
Une percussion aussi pour garder le tempo
Derrière chaque instrument
Peindre un vrai musicien,
Dans le genre « bon vivant »
Pour que les concerts soient des fêtes
Pour les oreilles et pour les yeux
Mais tout autant pour le palais
Et finalement pour l’estomac.

Peindre enfin quelques lutrins, des costumes.
– Certains musiciens ont plus d’allure
Habillés d’un costar que d’une feuille de vigne –
Peindre une grande affiche
Quelques bouteilles de blanc, … puis attendre.

Parfois, le succès arrive très vite
Parfois, il met des années pour venir.
Le succès n’ayant aucun rapport
Avec la qualité de l’orchestre.

Quand le succès arrive – s’il arrive –
Applaudir à tout rompre.
Siffler, crier, saluer les artistes.
Du plus humble au plus fier
Du plus léger au plus pesant
Ils ont besoin au quotidien
D’une brassée d’applaudissements.
Le plaisir partagé est l’unique
Dopant qui les fait avancer.

Peindre enfin quelques CD
Quelques admiratrices, largement décolletées
Un ou deux DVD, des tournées, une croisière
La radio, la télé
Des critiques élogieuses et des fans passionnés.

Si l’orchestre trouve le ton
Le « la », le « beat », le « swing »
C’est bon signe
Signe que vous pouvez signer
Le Swiss Yerba est né !

Avec la complicité de Jacques PREVERT

Le Swiss Yerba Buena

par Francis Theurillat

On me l’avait dit : Vas-y ! Cours-y vite ! J’y suis allé. Delémont-Lausanne. Retour dans la nuit.

Ce soir-là au MAD (Moulin à danses) personne ne dansait. Tout le monde écoutait tellement c’était beau et agréable à entendre.

Tout au long de la rentrée en voiture, le CD n’arrêta pas de tourner transformant l’instant vécu pour le rendre encore meilleur.

J’étais subjugué. Coup de cœur immédiat pour ces huit virtuoses musiciens. Ma deuxième famille était née.
J’ai toujours pensé que la musique classique était l’expression même de l’âme tandis que celle du jazz se réclamait du cœur.

Parlons-en donc à cœur ouvert.

Béat Clerc, le chef me donne carte blanche pour l’organisation de ses concerts à travers toute la Suisse. Aucun feu rouge ! Feu vert, partout.

C’est ainsi que je devins l’écuyer de huit preux chevaliers, considérés comme étant la référence première du jazz helvétique et cela durant quinze heureuses années.

J’ai signé une foison de contrats tout au long d’itinéraires jalonnés de notoriétés, en passant par : VERCORIN JAZZ, le Théâtre de Terre Sainte à Coppet, le Théâtre du Pré-aux-Moines à Cossonay, Jazz Estival – Le Landeron, Chéserex Jazz Traditionnel, l’International DIXIE & JAZZ Festival à Sargans, l’Amicale des fanfares radicales du district de Martigny à Saxon, l’Amicale de la Noble et Louable Contrée à Miège, La Salle de Spectacles de Renens sans oublier le Festival international d’Ascona et le Théâtre du Jorat à Mézières où le Swiss Yerba Buena, affublé du COTTON CLUB avec le champion du monde de claquettes Fabrice Martin, a comblé 5000 spectateurs durant cinq soirs d’affilé en 2007.

Je n’hésite pas à l’écrire, sans forfanterie aucune. Partout : public séduit, organisateurs ravis, musiciens réjouis. La trilogie du bonheur. Heureux soit le jazz, modèle social et de liberté partagée

Nous voici le 11 novembre 2017 sur le débarcadère de nos connivences. Le soleil du cœur s’allume au moment où s’éteint la lumière des projecteurs.

Le Théâtre de Beaulieu s’assombrit. Le rideau tombe en ultimes replis.

Le Swiss Yerba Buena vient d’entrer dans sa jeunesse finissante mais dans sa troisième jouvence frémissante. Heureuse vie montante. De pareils musiciens ne pourront jamais connaître la vieillesse mais que de successives jeunesses sous d’autres formations.

Pour l’heure : c’est fini, bien fini ! SWISS YERBA : Basta.

Tout a été dit ! Tout est accompli.

Au revoir mes chers amis. MERCI.

Francis Theurillat

Copie du message envoyé le matin du 12 novembre aux 33 artistes ayant participés au « Last Concert ».

Bonjour à toute l’équipe,

Je vous remercie encore mille fois pour votre participation à cette dernière soirée du Yerba. J’ai envie de vous raconter cette soirée comme je l’ai vécue personnellement de l’intérieur de mes tripes.

Cette soirée fut un défi extraordinaire que nous avons relevé avec beaucoup de travail et d’abnégation. Une réussite totale : le théâtre de Beaulieu quasi plein et on m’a dit que c’était une performance de la part d’une organisation privée comme notre orchestre. 1580 personnes, c’était incroyable !

Nous avons eu tellement de problèmes techniques hier dans la journée que je me suis dit, c’est foutu, cette fois on ne va pas y arriver. C’est impossible, il y a trop de problèmes. Le repas vite fait, un verre de vin, (vraiment désolé pour la technique qui n’a pas eu ce petit plaisir) on sent la tension qui règne parmi les artistes.  Le chef de plateau arrive. Attention, on lève dans 5 minute. Tout le monde monte sur scène, prêt au combat contre les éléments négatifs de l’après-midi. La lumière s’éteint. Le cœur bat à 100 à l’heure et ………..Le rideau s’ouvre

Plein feu sur l’orchestre, on ne voit pas le public. Il y a comme un rideau noir devant la scène. Puis Léo, le clarinettiste fait le premier chorus et là ………..la magie opère, le public applaudit à tout rompre et à la fin du morceau les applaudissements du public sont encore plus forts , des cris, des hourras. Incroyable public que celui de Beaulieu hier soir. Ce public, notre public, nous a porté et nous a permis de nous transcender une dernière fois.

Les 7 tableaux défilent les uns après les autres,  2 heures de concert et après  le dernier morceau, tout le public se lève d’un seul  tenant, 1600 personnes debout applaudissant à tout rompre, incroyable.  La magie de cette équipe a opéré une fois de plus.

Mais ce n’est pas fini. Une dernière épreuve m’attend, le discours de fin. Aie aie aie, je n’aime pas parler en public, j’ai une monstre trouille. Je sais que je suis un sensible et que je vais pleurer et que je ne vais pas pouvoir finir mon discours. Allez allez Beat, il faut y aller, tu n’as pas le choix. Je commence devant la scène, le rideau qui se ferme derrière moi. Je suis tout seul, ils sont là, les 1600 personnes qui sont venues voir ce dernier concert qui m’écoutent dans un silence religieux. Tu dois être à la hauteur allez mon gars vas-y. Je commence, je n’ai rien préparé comme d’hab. Je n’aime pas préparer mes discours je préfère les faire spontanément, venant du cœur en ligne directe.

Le début se passe bien, je présente la technique et les gens qui ont œuvré à ce succès, la partie facile pour moi ! Puis la gorge se sert, je pense au moment que nous venons de vivre. La gorge se sert encore plus, le coin des yeux commence à être humide, une larme, deux larmes, je dois m’arrêter quelques secondes car je ne peux plus parler, je vois des gens qui pleurent aussi juste devant moi, ça m’aide pas.  J’essuie les larmes sur  mes joues, le public applaudit à tout rompre pour me soutenir pour m’encourager et je continue jusqu’à la fin. Oh là là quelle émotion c’est pas possible.

Et puis je leurs demande s’ils veulent un dernier morceau ou s’ils préfèrent aller au lit et là, ils applaudissent encore plus fort, ils hurlent, ils sifflent. Ils en veulent encore et encore.

Et c’est parti pour le dernier morceau ou tous les artistes participent au feu d’artifice final. Après le morceau, un dernier salut, le rideau se ferme et l’histoire se termine ainsi. Les artistes se congratulent car ils ont réalisé une soirée extraordinaire, on s’embrasse, on se fait des hugs, des câlins.  Nous sommes conscients d’avoir réalisé quelque chose de grand. On ouvre quelques bouteilles de champagne et puis on rentre à la maison. On est tellement fatigué après cette journée que le sommeil arrive vite, très vite.

Ce matin au réveil, c’est d’un psychologue dont j’ai besoin. Je pleure, je pleure sans arrêt, les nerfs, la fatigue, la mémoire de tous ces moments vécus, tout ressort d’un seul coup. Demain cela ira mieux, le boulot, la routine recommence. Les souvenirs vont s’estomper et la vie normale reprendra le dessus.

Voilà ce que j’ai vécu hier soir et je pense que vous aussi. Grâce à vous tous, nous avons pu concrétiser cette dernière soirée avec brio et je vous en remercie du fond du cœur. Je ne vais pas citer de nom en particulier, ce succès est le fruit d’un travail d’équipe même si il y a quand même des têtes qui dépassent (n’est-ce pas Michel ,o)

J’espère avoir pu, avec ces quelques lignes, vous faire partager mes émotions de ce que j’ai vécu personnellement hier soir.

Bonne route, bon rails et bon vol à ceux qui rentrent chez eux aujourd’hui et encore une fois merci merci de votre participation et de nous avoir fait vivre ces moments extraordinaires remplis d’émotion. Ce fut  tellement sympa de vivre ça avec vous.

Un gros bec à tous et à bientôt de vous revoir sur les chemins de cette musique que nous aimons tant que ce soit sur scène ou comme spectateur

Beat